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Confidentialité visuelle : protéger écrans et tableaux blancs derrière le verre

La confidentialité visuelle consiste à empêcher qu'une information affichée (écran, tableau blanc, document) soit lue depuis un couloir, un bâtiment voisin ou la rue. Un film ne couvre que la zone du vitrage d'où l'on voit ce qui est affiché : on la repère en se plaçant là où se tiendrait un observateur, puis on choisit le film selon la distance et l'éclairage.

Rédigé par le studio Vitrophanie Bureau (Paristic, groupe SORA). Mis à jour le . Lecture : 6 min.

Le risque qu'on ne voit pas : lire à travers le verre

Le « visual hacking », ou piratage visuel, désigne la lecture d'une information sensible simplement en la regardant : un écran vu depuis le couloir, un tableau blanc resté rempli après un comité, un organigramme projeté dans une salle vitrée. Il ne demande aucun outil, seulement une ligne de vue.

Les bureaux cloisonnés de verre multiplient ces lignes de vue. C'est voulu : la transparence apporte de la lumière et facilite le travail en équipe. Mais une salle de comité de direction donnant sur l'accueil, ou un bureau RH en bordure d'une circulation empruntée par des visiteurs, exposent des informations que personne n'a décidé de rendre publiques.

Ce guide s'adresse aux responsables IT et sécurité de l'information, aux dirigeants et aux services généraux qui doivent décider ensemble ce qui se couvre. La page vitrophanie de confidentialité présente les solutions pour les bureaux de direction et RH.

Ce qu'un film fait, et ce qu'il ne fait pas

Un film de confidentialité réduit une exposition visuelle : il empêche de lire ce qui est derrière, sur la partie du vitrage qu'il couvre. C'est une mesure physique simple, qui s'ajoute aux autres mesures de votre politique de sécurité.

Il ne rend pas une organisation conforme à une réglementation sur la protection des données, et il ne remplace ni le verrouillage des sessions, ni les filtres de confidentialité d'écran, ni les règles de bureau propre. Il ne protège pas non plus contre l'écoute : une cloison vitrée filmée n'est pas plus isolante acoustiquement qu'avant. Présenter le film pour ce qu'il est facilite sa validation par l'IT et la direction.

Cartographier ce qui est affiché, pièce par pièce

Avant de parler de film, faites la liste de ce qui s'affiche dans chaque pièce vitrée et de son niveau de sensibilité. Ce travail prend une heure avec l'IT et évite de couvrir tout un étage par précaution.

Ce qui est affichéOù ça se trouveZone de vitrage à traiter
Écrans de postes de travailBureaux fermés, postes le long d'une cloisonBande à hauteur des écrans vus depuis la circulation, souvent de la table à un peu au-dessus des yeux assis
Grand écran de salle, visioMur du fond ou latéral de la salleLe vitrage qui fait face à l'écran, sur toute la hauteur de l'image
Tableau blanc, paperboardMur ou chevalet, souvent deboutHauteur plus importante, jusqu'au haut du tableau vu depuis le couloir
Documents sur tableSalle de réunion, bureau de directionPartie basse, vue plongeante depuis une personne debout qui passe
Visages et identité des personnes reçuesBureau RH, salle d'entretienHauteur des visages assis, porte comprise

La méthode du point d'observation

Le point d'observation est l'endroit d'où quelqu'un qui n'est pas concerné peut voir l'information. On le trouve en marchant : dans le couloir, dans la salle d'attente, devant l'ascenseur, et depuis l'extérieur si le bureau est en rez-de-chaussée ou face à un autre immeuble.

  • Allumez les écrans et remplissez le tableau blanc comme en réunion.
  • Placez-vous à chaque point d'observation, debout, à distance normale de passage.
  • Marquez au ruban adhésif, sur le vitrage, la zone à travers laquelle l'information reste lisible.
  • Photographiez chaque vitrage marqué : ces photos servent de base à la proposition.
  • Refaites le test en fin de journée si les pièces sont éclairées le soir : les vues changent.

Quel film selon la situation

Une fois les zones repérées, le choix du film dépend de la distance d'observation, de la lumière et de ce qu'on veut laisser voir. Un film dépoli empêche de lire en laissant passer la lumière ; c'est la réponse la plus courante. Un dégradé ou un motif dense couvre la zone utile tout en gardant de la légèreté ; voir la vitrophanie dégradée.

Face à un vis-à-vis extérieur, un film sans tain préserve la vue vers l'extérieur le jour, mais son effet s'inverse quand l'intérieur est plus éclairé que l'extérieur ; notre article sur le film sans tain jour et nuit explique pourquoi. Pour une salle de projection ou un local qui ne doit rien laisser voir, un film occultant peut se justifier, à condition de ne pas priver des postes de travail de lumière naturelle.

Le tableau blanc, angle mort de la confidentialité

On pense aux écrans, on oublie les tableaux blancs. Ils portent pourtant des informations très sensibles (chiffres, noms, projets) et restent souvent remplis des heures après la réunion. Ils sont aussi plus hauts qu'un écran : un film qui couvre jusqu'à hauteur des yeux assis ne suffit pas.

Deux réponses se combinent : couvrir le vitrage qui fait face au tableau sur toute sa hauteur, ou déplacer le tableau sur un mur plein. Et une règle d'usage simple : effacer en sortant.

Garder la transparence là où elle sert

Couvrir un vitrage entier est rarement nécessaire. Laisser une bande claire en partie haute permet de voir qu'une salle est occupée, conserve la lumière du second jour et évite l'effet bunker que redoutent les équipes. L'article R4213-3 du Code du travail prévoit par ailleurs des baies transparentes donnant sur l'extérieur à hauteur des yeux dans les locaux de travail (sauf activité incompatible) : on ne traite pas les fenêtres extérieures comme les cloisons intérieures. Voir vitrophanie et Code du travail.

Vous êtes IT, direction ou services généraux

IT et sécurité de l'information : vous identifiez les pièces sensibles et ce qui s'y affiche ; le film s'inscrit dans vos mesures, il ne les remplace pas. Direction : vous décidez du niveau de couverture des espaces de direction ; si le projet lui-même est confidentiel, un accord de confidentialité peut être signé et le chantier n'est pas cité. Services généraux : vous organisez le relevé et la pose, en journée ou hors des heures de bureau selon les pièces, comme décrit dans notre méthode de pose en site occupé.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le visual hacking au bureau ?

C'est la lecture d'une information sensible simplement en la regardant : un écran, un tableau blanc ou un document visible à travers une cloison vitrée ou par-dessus une épaule. Il ne demande aucun outil, seulement une ligne de vue.

Un film de confidentialité suffit-il à protéger nos données ?

Non. Il réduit une exposition visuelle sur la partie du vitrage qu'il couvre, et s'ajoute aux autres mesures : verrouillage des sessions, filtres d'écran, règles de bureau propre. Il ne rend pas à lui seul une organisation conforme à une réglementation.

Jusqu'à quelle hauteur couvrir une cloison devant un écran ?

Jusqu'à la hauteur où l'écran reste lisible depuis le couloir. On la repère sur place, écran allumé, en marquant au ruban adhésif la zone à couvrir depuis chaque point d'observation.

Faut-il couvrir les tableaux blancs différemment ?

Oui, car ils sont plus hauts que les écrans. Il faut soit couvrir le vitrage qui leur fait face sur toute leur hauteur, soit déplacer le tableau sur un mur plein.

Le film empêche-t-il d'entendre ce qui se dit dans la salle ?

Non. Un film de vitrophanie agit sur la vue, pas sur le son : il n'améliore pas l'isolation acoustique d'une cloison vitrée.

Peut-on traiter des bureaux de direction sans que le chantier soit visible ?

Oui. La pose peut être organisée hors des heures de bureau et, si le projet est confidentiel, un accord de confidentialité peut être signé et le chantier n'est pas cité.

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