Décliner sa charte graphique sur les vitrages des bureaux
Une charte se décline sur le verre en passant du logo à un système : une trame ou un motif tiré de l'identité, deux ou trois couleurs choisies pour leur rendu sur verre, et le dépoli ou le blanc comme couleurs à part entière. Tout se valide sur une maquette posée sur la photo de vos locaux, puis sur un bon à tirer, avant fabrication.
Rédigé par le studio Vitrophanie Bureau (Paristic, groupe SORA). Mis à jour le . Lecture : 7 min.
Une charte n'est pas faite pour le verre
Une charte graphique est pensée pour l'écran et le papier : un fond blanc ou maîtrisé, des couleurs opaques, une lecture de près. Le vitrage est l'inverse : il est transparent, vu des deux côtés, traversé par la lumière qui change au fil de la journée, et regardé de loin, en marchant.
Poser le logo en grand sur chaque cloison est donc rarement la bonne réponse. La marque se voit mieux quand elle devient un système : un motif qui rappelle l'identité, des couleurs qui fonctionnent en transparence, un logo placé là où il a du sens (l'accueil, une salle phare). C'est ce passage de la charte au système que ce guide décrit, pour les équipes marque et communication, les dirigeants et les architectes qui les accompagnent.
Du logo au motif : trois façons de faire
Un motif de marque est une forme répétée, dérivée de l'identité, qui peut couvrir une cloison entière sans lasser. Il se construit de trois manières.
- Extraire une forme de l'identité : un angle du logo, une ponctuation, un pictogramme maison, répétés en trame. C'est l'approche la plus discrète et la plus durable.
- Raconter le métier : pour Transavia, Paristic a habillé les cloisons sur le thème du voyage, avec des plans de villes retravaillés et les skylines de capitales européennes, et posé le logo et le slogan de la compagnie sur une paroi vitrée de la cafétéria.
- Raconter le lieu : dans des bureaux à La Défense, la vitrophanie reprend des rectangles côté « Arche » et des triangles côté « Seine », avec le nom de chaque zone, sa description et un « code source » écrit comme du code informatique.
Les couleurs sur verre ne se comportent pas comme sur papier
Une couleur imprimée sur un film transparent laisse passer la lumière : elle devient un vitrail, plus lumineuse contre le jour, plus sombre devant un mur. Pour qu'elle reste fidèle à la charte, on imprime une couche de blanc sous la couleur, qui la rend opaque ; on perd alors la transparence. Le choix entre les deux se fait zone par zone.
Les films teintés dans la masse, découpés plutôt qu'imprimés, donnent des aplats très réguliers et superposables. Sur le projet de La Défense, trois films aux transparences différentes sont superposés : un dépoli pour les mots, un film cristal pour les formes colorées, un blanc opaque pour les textes. Les couleurs d'étage (bleu, vert, orange), avec le fuchsia comme fil conducteur, se croisent et créent de nouvelles teintes là où elles se chevauchent.
| Rendu recherché | Technique | À savoir |
|---|---|---|
| Couleur de marque fidèle, opaque | Impression avec blanc de soutien | Cache la vue ; la couleur se valide sur échantillon |
| Effet vitrail, lumière colorée | Film coloré translucide ou impression sans blanc | La couleur varie avec la lumière et l'arrière-plan |
| Aplats nets et superposables | Films teintés dans la masse, découpés | Palette du fabricant de film, à rapprocher de la charte |
| Discrétion, élégance | Dépoli découpé, logo en réserve | Monochrome ; la marque se lit par la forme |
| Texte lisible des deux côtés | Impression recto verso ou double lettrage | À décider face par face au relevé |
Le dépoli et le blanc, couleurs de la charte
Le dépoli est un film translucide qui imite le verre sablé. Dans une déclinaison de charte, c'est souvent la couleur la plus utilisée : il assure la confidentialité, reste neutre et met en valeur ce qui est découpé dedans. Un logo « en réserve », c'est-à-dire laissé clair dans une bande dépolie, est l'une des façons les plus sobres de signer un espace.
Le blanc opaque sert aux textes et aux détails fins. Associé au dépoli, il donne deux niveaux de lecture sans couleur : l'identité passe par la forme et la typographie. Chez Veolia, un motif organique inspiré de la goutte d'eau évolue d'un bureau à l'autre ; sa densité augmente sur les salles qui demandent plus de confidentialité, et un code couleur situe les salles d'un étage à l'autre. Pour les dégradés, voyez la page vitrophanie dégradée ; pour le dépoli seul, film dépoli pour bureaux.
Typographie et traits fins
Les caractères très fins, les empattements délicats et les petites tailles passent mal en découpe : ils se déforment au découpage ou se décollent à l'usage. Une charte prévoit souvent une typographie de titrage plus robuste ; c'est elle qu'on utilise sur le verre.

Le texte peut pourtant devenir un motif. Sur ce chantier Paristic, des lignes de mots du métier, en plusieurs langues, forment des bandes horizontales sur les cloisons : blancs pour la plupart, quelques-uns en rouge, la couleur de la marque. La typographie, en capitales robustes, se lit à distance ; l'ensemble fait aussi la confidentialité.
Les aplats et les textes courts fonctionnent mieux que les paragraphes. Si la charte contient un slogan ou des valeurs, on les place là où l'on s'arrête (cafétéria, accueil, sortie d'ascenseur) plutôt que dans les couloirs où l'on passe.
De la maquette au bon à tirer
La maquette est une simulation du décor sur la photo réelle de vos locaux. Elle montre la densité, la hauteur, l'équilibre entre marque et confidentialité, et permet de décider avant de produire. Le bon à tirer (BAT) est ensuite le document technique validé, vitrage par vitrage, qui déclenche la fabrication.
- Brief : charte, fichiers vectoriels du logo, références Pantone, espaces concernés, contraintes de confidentialité.
- Relevé : cotes au verre visible, photos de chaque cloison, repérage des portes et montants.
- Maquette sur photo : une ou deux pistes, présentées sur vos cloisons.
- Échantillon : pour une couleur sensible, un test sur verre vaut mieux que l'écran.
- BAT : cotes, couleurs, sens de lecture, validés par vous.
- Fabrication et pose : à l'atelier, puis sur site, zone par zone.
Qui fait quoi dans un projet de marque
Le studio de création de Vitrophanie Bureau travaille avec des chefs de projet depuis plus de 20 ans ; il adapte la charte au verre ou part du dessin de votre agence ou de votre architecte, sans le trahir. L'atelier du groupe, adossé au parc machines de SORA, fabrique ce qui a été dessiné. Nous avons travaillé avec des designers et des artistes de renommée internationale, dans plusieurs pays.
Vous êtes à la communication ou à la marque : envoyez la charte et vos priorités ; vous validez la maquette et le BAT. Vous êtes dirigeant : vous tranchez entre les pistes sur des images de vos propres locaux. Vous êtes architecte : vos élévations et votre dessin servent de base, et le BAT vous est soumis. Le détail de la méthode est sur la page conception de vitrophanie.
Plusieurs sites, une seule charte
Sur un parc de sites, la charte se traduit en règles : un motif maître, une couverture par type de pièce, une palette réduite. Chaque site est ensuite relevé à ses cotes réelles et décliné sans réinventer. C'est la condition pour qu'un siège et une agence régionale se ressemblent vraiment ; voir le déploiement multisite.
Questions fréquentes
Peut-on reproduire exactement une couleur Pantone sur une vitre ?
On s'en approche au plus près en imprimant la couleur sur un blanc de soutien, qui la rend opaque. Sans blanc, la couleur devient translucide et varie avec la lumière. Pour une couleur sensible, un échantillon posé sur le verre sert de référence avant le bon à tirer.
Faut-il mettre le logo sur toutes les cloisons ?
Rarement. La marque se lit mieux à travers un motif ou une trame dérivés de l'identité, le logo étant réservé aux lieux qui comptent : accueil, salle principale, sortie d'ascenseur.
Qu'est-ce qu'un logo en réserve dans un dépoli ?
C'est un logo laissé transparent, découpé dans une bande de film dépoli. Il se lit par contraste avec le dépoli, sans couleur, et assure en même temps la confidentialité de la cloison.
Qui valide le décor avant fabrication ?
Vous, à deux étapes : la maquette sur photo de vos locaux, puis le bon à tirer technique, vitrage par vitrage. Rien n'est fabriqué sans ce BAT validé.
Notre agence a déjà dessiné le décor : pouvez-vous le fabriquer ?
Oui. Le studio adapte les fichiers aux contraintes du verre (sens de lecture, découpe, blanc de soutien) sans changer le dessin, et soumet le BAT à l'agence comme à vous.